
Qui sommes nous
Nous sommes des étudiant·es, des travailleur·euses, des soignant·es, des enseignant·es, des travailleur·euses sans-papiers, des travailleur·euses de l’art, des salarié·es du public, du secteur non marchand et du privé qui militons sur nos lieux de travail, d’étude et de vie.
Nous sommes actif·ves dans des collectifs, des délégations syndicales et des coordinations qui cherchent à organiser la lutte contre l’Arizona et, plus largement, contre le capitalisme, comme l’Assemblée Générale du secteur Psycho-Médico-Social (AG PMS), Commune Colère, Ecole en lutte, les mobilisations des pompier·es de Bruxelles, La Santé en Lutte, le Comité de soutien à Célia, la Maison des livreurs, les collectifs antifascistes de Liège et Bruxelles (FAL & FAB), le Groupe du 31 mars, ainsi que dans des collectifs féministes, étudiants et écologistes. Certain·es d’entre nous militent depuis plusieurs décennies dans le mouvement ouvrier, d’autres représentent une nouvelle génération politisée par les luttes récentes.
Nous sommes des militant·es de Révolution Permanente en Belgique, des militant·es du média Rouge! et des militant·es non organisé·es. Nous sommes convaincu·es de la nécessité de travailler ensemble à la construction d’une nouvelle organisation révolutionnaire enracinée dans notre classe et capable de faire face aux défis de notre époque. C’est dans cette perspective que nous proposons d’ouvrir dès aujourd’hui un processus de fondation à travers la mise en place de comités de base comme premiers cadres de discussion et d’intervention collective.
Une période de
crises, de guerres
et de révoltes à
travers le monde
Commencer par la caractérisation de la situation internationale n’est pas un choix formel, c’est une nécessité politique. Nous vivons une période d’accélération de l’histoire, où les crises économiques, écologiques, géopolitiques se renforcent mutuellement. Le capitalisme montre son vrai visage : un système capable de politiques de destruction massive, d’exploitation et de génocide pour préserver ses intérêts. Pour une organisation révolutionnaire, comprendre cette dynamique internationale est indispensable. C’est elle qui fixe le cadre dans lequel s’inscrivent les luttes locales, et qui permet de saisir à la fois les dangers et les possibilités de la période.
Les États-Unis demeurent la première puissance mondiale, mais leur déclin fragilise leur capacité à organiser l’ordre international. Le retour de Donald Trump au pouvoir est un symptôme et un accélérateur de cette dynamique. Il cherche à restaurer la puissance économique et militaire états-unienne en liquidant les accords et les institutions internationales qu’il juge défavorables, tout en menant une politique fondée sur le protectionnisme, le chantage, les sanctions et les agressions militaires, comme lors de ses offensives contre le Venezuela, Cuba ou l’Iran.
Cette orientation prend place dans une nouvelle séquence impérialiste structurée par la concurrence entre puissances, au sein de laquelle la Chine et les États-Unis occupent une position centrale. Ceci exacerbe les conflits pour les ressources et les sphères d’influence et approfondit l'instabilité du capitalisme mondial. En même temps, Trump n’hésite pas à s’en prendre à ses alliés impérialistes comme l’Union européenne, en lui imposant des sanctions ou en soutenant en son sein des partis d’extrême droite.
Dans ce contexte, la guerre se poursuit en Ukraine depuis l'invasion du pays par la Russie qui nie au peuple ukrainien le droit à disposer de lui-même au nom des intérêts stratégiques du capitalisme russe. Face à Poutine, les puissances occidentales et l’OTAN instrumentalisent la lutte du peuple ukrainien pour affaiblir la Russie, étendre leur présence à l'Est et faire de l’Ukraine un vassal. Cette guerre sert aussi de prétexte à une militarisation accélérée de l’Europe, avec le retour du service militaire dans plusieurs pays et la mise en place de budgets historiques pour l’armée, ainsi que la préparation des puissances à défendre leurs intérêts par les armes.
La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran montre cependant les limites de la politique de Trump et plus largement des impérialistes occidentaux. Malgré une asymétrie militaire évidente, l’Iran a réussi à résister à l’agression et à tenir en échec la première puissance militaire mondiale, en s’appuyant sur le contrôle du détroit d’Ormuz et sur une guerre d’usure qui a étendu le conflit aux alliés régionaux de Washington. Cette situation inédite met à nu les faiblesses de la puissance qui se veut garante de l’ordre mondial.
Le génocide contre le peuple palestinien et l’intensification de la colonisation ont marqué, de ce point de vue, un tournant dans la situation internationale. Les grandes puissances occidentales, qui se réclamaient défenseuses du « droit international », ont soutenu politiquement, économiquement et militairement le massacre organisé par leur principal gendarme régional, l’État d’Israël. En interne, elles ont persécuté les militant·es solidaires du peuple palestinien, faisant de la répression de cette lutte le levier d’un durcissement autoritaire, instrumentalisant pour cela la lutte nécessaire contre l’antisémitisme. La reconnaissance hypocrite et tardive d’un État palestinien par différents pays ne peut pas faire oublier leur complicité avec le génocide, encore moins à l’heure où ce dernier continue, que ce soit dans la poursuite des bombardements à Gaza, dans les avancées de la colonisation en Cisjordanie, ou dans l’agression contre le Liban.
Face à ces tendances réactionnaires, le monde du travail et de la jeunesse n’est pas resté sans réagir. Le sort du peuple palestinien a déclenché un vaste mouvement international de solidarité, avec comme point d’orgue l’entrée en scène de la jeunesse et des travailleur·euses italien·nes lors des grèves générales des 22 septembre et 3 octobre 2025, impulsées par les dockers de Gênes et les syndicats de base USB. Dans plusieurs pays, le génocide a contribué à politiser et à radicaliser de larges franges de la jeunesse et de travailleur·euses : grèves dans la logistique, blocages d’armes, refus de participer à l’effort de guerre. L’Italie apparaît ainsi comme un laboratoire de la lutte de classes, où des secteurs stratégiques de la classe travailleuse, en lien avec le mouvement étudiant, sont intervenus sur une question antimilitariste avec leurs propres armes : la grève générale.
Aux Etats-Unis, la résistance s’organise aussi : contre le gouvernement, contre ses attaques sur les travailleur·euses, et contre la chasse aux migrant·es menée par l’ICE, la police de l’immigration. Le mécontentement s’est exprimé massivement dans les rues lors des différents No Kings Day et lors d’intenses mobilisations contre l’ICE. Cette dynamique a culminé avec la grève générale du 23 janvier 2026 à Minneapolis, où l’auto-organisation des travailleur·euses, notamment de l’éducation, et des habitant·es, a abouti au retrait de l’ICE de la ville. Cette mobilisation a montre que, lorsque les masses s’emparent de la grève par la base, il est possible de remporter une bataille face à un gouvernement d’extrême droite au cœur même du capitalisme mondial.
Dans de nombreux autres pays, une nouvelle génération entre également en lutte. Née en pleine crise du capitalisme, la « Gen Z » se forge dans un monde de guerres, d’inégalités et de répression. À Madagascar, au Maroc, au Pérou, en Indonésie ou au Népal, des centaines de milliers de jeunes ont défié leurs régimes corrompus et les politiques imposées par le Fonds monétaire international, exprimant une colère sociale profonde contre la pauvreté et l’humiliation coloniale. Cependant, ces mouvements restent, pour le moment, contenus ou déviés par des forces d’opposition au sein du régime, comme l’ont été avant eux les grandes révoltes qui ont traversé la planète après la crise de 2008. C'est ici qu'une stratégie révolutionnaire, avec des objectifs de classe clairs, capable de rassembler toutes les forces en jeu et basée sur l'auto-organisation, peut faire la différence.
La situation en
Belgique et la bataille
contre l’Arizona
La Belgique n’échappe pas à cette situation de crise et à ces défis stratégiques. Dans un contexte de ralentissement économique et d’épuisement des anciens compromis sociaux, le gouvernement Arizona traduit la volonté des classes dominantes de faire payer la crise au monde du travail. Sous couvert de « responsabilité » budgétaire, il mène donc une offensive historique contre les travailleur·euses : attaques contre les pensions, limitation du chômage dans le temps, chasse aux malades de longue durée, flexibilisation du travail, démantèlement des services publics, etc. Ces politiques ont un caractère profondément genré : elles frappent de plein fouet les femmes, dont les trajectoires professionnelles sont marquées par les interruptions de carrière, le temps partiel contraint et l’occupation de postes dans des secteurs dévalorisés et sous-payés, renforçant ainsi la précarisation de leurs conditions de travail et d’existence.
Pendant que Bart de Wever explique qu’il n’y a pas d’argent pour les hôpitaux, les écoles ou les pensions, il débloque des milliards pour l’armée, la police et la sécurité. En Belgique aussi, la militarisation de l’économie sert à la fois à préparer de nouvelles guerres et à discipliner le monde du travail qui commence à relever la tête. Aux politiques austéritaires et militaires s’ajoute un véritable durcissement autoritaire : intensification de la répression des mouvements sociaux, violences policières, poursuites judiciaires, criminalisation des militant·es et restrictions du droit de manifester. Dans le même temps, les discours racistes, sécuritaires, sexistes, transphobes et islamophobes, et plus largement réactionnaires, se banalisent jusque dans les partis traditionnels. Dans la partie francophone du pays, cela est particulièrement visible avec le processus d’extrême droitisation du MR qui suit la mouvance trumpiste. En Flandre, le Vlaams Belang et la N-VA, de plus en plus légitimés, canalisent la colère sociale vers une austérité raciste visant les migrant·es, les allocataires sociaux et les quartiers populaires.
"Pendant que Bart de Wever explique qu’il n’y
a pas d’argent pour les hôpitaux, les écoles
ou les pensions, il débloque des milliards
pour l’armée, la police et la sécurité."
C’est cette même logique que l’on voit avec le “Pacte Européen sur la migration et l’asile” qui accélère la guerre menée contre les migrant·es : rafles, visites domiciliaires, augmentation des centres fermés, intensification des expulsions et complicité avec les refoulements meurtriers en Méditerranée et dans la Manche. Si les travailleur·euses sans-papiers sont traqué·es, bien qu’iels fassent tourner des secteurs entiers de l’économie belge (construction, nettoyage, horeca, logistique), c’est pour les maintenir dans la peur et la précarité afin d’organiser leur surexploitation et discipliner l’ensemble du monde du travail. Il s’agit d’une logique héritée du colonialisme qui assigne une partie de la classe travailleuse, largement racisée, à un statut permanent de non-droits. Comme l’ICE aux États-Unis, Frontex est le bras armé de cette politique à l’échelle européenne. Le précédent gouvernement Vivaldi (avec la participation du PS et d’Ecolo) s’en est rendu complice en autorisant la présence d’agents de Frontex sur le territoire belge.
Le gouvernement Arizona est cependant confronté à un mouvement social massif et populaire, qui dure maintenant depuis plus d’un an et demi : quatorze mobilisations nationales, dont deux journées de grève générale, une série de manifestations d’ampleur, une mobilisation historique le 14 octobre 2025 qui a rassemblé plus de 140 000 manifestant·es à Bruxelles. À cette dynamique s’ajoutent des grèves et mobilisations sectorielles, ainsi que des irruptions significatives de la jeunesse, des mouvements féministes, écologistes et de solidarité avec la Palestine.
Cette colère se heurte aujourd’hui aux limites imposées par les directions syndicales. Les journées de grèves et de manifestations massives, souvent organisées sous pression de la base, demeurent sans lendemain car la stratégie du mouvement reste malheureusement enfermée dans une logique de concertation sociale et de pression institutionnelle. Les directions refusent systématiquement d’élaborer un plan de bataille à la hauteur des enjeux, capable d’accumuler des forces, d’unifier les secteurs autour de revendications offensives et d’ouvrir la perspective d’une grève générale reconductible qui pourrait réellement faire reculer, voire faire tomber, l’Arizona.
Pour construire une autre stratégie, nous pensons que le développement de cadres d’auto-organisation au sein comme en dehors des organisations syndicales est un enjeu décisif. Il passe par des assemblées générales dans les lieux de travail, de vie et d’étude. Les travailleur·euses et la jeunesse peuvent y discuter et décider de toutes les questions relatives au mouvement, travailler à l’extension de la mobilisation, mais aussi chercher à coordonner les différents secteurs en lutte. Des tentatives existent, comme La Santé en lutte, École en lutte, Commune colère, le Bloc obstétrique de l'Hôpital Saint-Pierre ou l’AG psycho-médico-sociale, parmi d’autres. Les faire converger permettrait d'ouvrir un espace pour discuter d’une stratégie alternative à celle des directions syndicales, tout en construisant à la base un rapport de forces capable d’infléchir réellement la conduite du mouvement et de gagner une influence parmi les secteurs syndicaux les plus combatifs.
Les limites du parti du
travail de belgique
Face à l’impasse de la stratégie des directions syndicales, et malgré son poids réel dans le mouvement ouvrier, le PTB n’a pas avancé de perspective permettant de dépasser les limites actuelles de la mobilisation. Son orientation publique consiste surtout à canaliser la colère contre l’Arizona vers le terrain institutionnel et démonstratif : pétition nationale contre l’Arizona, appels à « faire entendre notre voix » dans les mobilisations syndicales ou la mise en avant de ses députés comme relais parlementaires. Dans ses campagnes, le parti ne défend pas la nécessité d’assemblées générales souveraines et de comités de grève permettant aux travailleur·euses de s’organiser par en bas et de peser directement sur la stratégie du mouvement, s’alignant dans les faits avec les bureaucraties syndicales.
Nous pensons que cette logique n’est pas conjoncturelle. La fermeture d’Audi en 2024 en donne un exemple : le PTB disposait d’un ancrage réel dans l’usine. Pourtant, son intervention publique a surtout pris la forme d’un relais parlementaire, d’une demande de réunion de crise politique et d’un moratoire sur les fermetures, plutôt que d’une politique de généralisation de la lutte à l’échelle du secteur industriel. De même, dans le mouvement de solidarité avec la Palestine, le parti a contribué à la mobilisation, mais ses campagnes publiques se sont surtout orientées vers la pression sur les responsables politiques, les institutions belges, les instances internationales et les procédures juridiques, nourrissant des illusions dans ces institutions. Le problème n’est pas de mener aussi cette bataille, mais de s’y limiter, au lieu de chercher à faire émerger une stratégie d’intervention directe du monde du travail dans les lieux de production, de logistique, d’étude ou de recherche, seule capable de bloquer concrètement la complicité matérielle avec l’État d’Israël.
Cela renvoie au projet politique d’ensemble du PTB. Malgré son image « marxiste », sa référence au « socialisme 2.0 » et une rhétorique plus radicale que celle du PS ou d’Ecolo, son programme met d’abord en avant une logique de redistribution, de justice fiscale et de réformes obtenues par la voie institutionnelle. Son horizon n’est pas celui d’une transformation révolutionnaire ni de la construction d’un pouvoir des travailleur·euses fondé sur leur auto-organisation, mais plutôt celui d'une accumulation de forces dans les institutions en vue d’une alternance gouvernementale. C’est cette orientation réformiste de fond qui explique son attitude dans les luttes : soutenir les mobilisations, parfois même y occuper une place importante, mais sans chercher à en faire un levier de confrontation politique générale avec l’État, le patronat et les bureaucraties syndicales qui contiennent le mouvement.
Pourquoi une nouvelle organisation révolutionnaire ?
Malheureusement, la gauche révolutionnaire n’a pas non plus réussi, jusqu’ici, à faire émerger une orientation capable de répondre à la situation. Malgré des apports réels, ses différentes composantes restent marquées par des limites importantes : adaptation au réformisme ou aux directions syndicales, faiblesse de l’implantation dans les lieux de travail, ambiguïtés face au tournant militariste ou encore des faiblesses de démocratie interne. Ce constat ne nie pas l’engagement de nombreuses et nombreux camarades. Mais il impose, selon nous, de tirer la conclusion qu’aucune réponse existante ne permet aujourd’hui de relever pleinement les tâches de la période.
C’est à partir de ce constat que nous lançons cet appel à construire une nouvelle organisation révolutionnaire en Belgique. Notre objectif est d’ouvrir un processus collectif et démocratique pour mettre en commun nos expériences, tirer les bilans nécessaires et discuter les bases stratégiques d’une telle organisation. Par bases stratégiques, nous entendons les réponses aux grandes questions qui orientent l’intervention révolutionnaire comme quelle classe sociale peut renverser ce système, comment construire son indépendance politique, quel rapport entre les luttes immédiates et la perspective du pouvoir, comment affronter l’État, le patronat et les directions qui freinent les mobilisations, comment articuler l’exploitation capitaliste et les oppressions, comment lutter contre l’impérialisme et la guerre. Une stratégie révolutionnaire ne se réduit donc pas à des principes généraux ni à un programme abstrait : elle doit partir des luttes réelles, permettre d’y agir efficacement, défendre une orientation qui prépare les conditions d’une rupture avec le capitalisme.
La classe travailleuse
au centre
Nous souhaitons mettre la classe travailleuse au centre de notre stratégie. Pas pour réciter un catéchisme du XIXe ou XXe siècle, mais parce que la classe travailleuse occupe une place centrale dans le système capitaliste. C’est pour nous l’immense majorité de la société : celles et ceux qui vendent leur force de travail, qui produisent, transportent, soignent, enseignent, nettoient, livrent, construisent, codent, conduisent, organisent. C’est la caissière, l’infirmière, le cheminot, la prof, l’ouvrier de l’industrie, le livreur sans-papier, le technicien, le pompier, l’artiste. Ce sont celles et ceux qui font tourner le monde et qui, donc, peuvent l’arrêter. Et c’est précisément cette capacité à bloquer l’économie, la production de richesses et la reproduction de la société, qui fait de la classe travailleuse la force sociale décisive de tout processus révolutionnaire.
Sur ce point, nous souhaitons dialoguer avec les camarades d’autres courants. Des organisations comme Classe contre Classe, ainsi que des parties du milieu autonome, regroupent ou influencent un secteur important de la jeunesse radicalisée. Notre désaccord porte principalement sur la stratégie de massification des mobilisations. La révolution ne peut être l’œuvre de minorités militantes agissant à la place de la classe travailleuse, ni d’espaces autonomes qui se construisent en marge du reste de la société. Nous pensons que la radicalité est primordiale, mais elle doit gagner la majorité de la classe. Il est ainsi central d’avoir une orientation consciente vers la majorité des exploité·es. Sans cela, nos mouvements resteront cantonnés à une radicalité minoritaire, sans capacité à modifier profondément le rapport de forces. Pour une organisation révolutionnaire, cela passe par l’intervention dans les luttes avec une orientation propre, par l'implantation durable dans les lieux de travail et par l'intervention dans les syndicats, qui organisent en Belgique des millions de travailleur·euses.
Mais cette centralité de la classe travailleuse, aussi décisive soit-elle, reste vide de sens si on la réduit à une simple abstraction « économique ». La classe travailleuse est plus féminisée, plus racisée, plus diverse que jamais. Exploitation et oppression s’y articulent en permanence. C’est pourquoi la lutte contre le sexisme, le racisme, la LGBT-phobie, le colonialisme, sont au cœur de la lutte de classes. Mais la lutte contre les oppressions ne doit pas non plus se dissoudre dans la lutte contre la domination du capital. Les oppressions sont des systèmes de domination qui ont une existence propre. C’est pour cela que nous voulons défendre une double perspective articulée autour d’un programme révolutionnaire : celle d’une union des mouvements sociaux avec le mouvement ouvrier, et d’une intervention au sein du mouvement ouvrier pour qu’il intègre les revendications spécifiques des secteurs opprimés, contre tout corporatisme syndical.

Affirmer cela implique de rompre avec une vision réductrice encore présente dans une partie de la gauche révolutionnaire, qui relègue les oppressions au rang de questions secondaires ou les réduit à de simples dérivés de l’exploitation. Une telle approche condamne à une politique abstraite, incapable de s’adresser à la classe telle qu’elle existe concrètement.
Nous pensons que c’est dans une convergence consciente, organisée et offensive que réside la possibilité de renverser le rapport de forces et d’ouvrir une perspective d’émancipation réelle. Car quand des travailleur·euses des soins ou de l’enseignement se battent, iels défendent à la fois leurs conditions de travail et la qualité des services publics pour tous·tes face à l'austérité. Quand des jeunes racisé·es s’organisent contre les violences policières, iels affrontent le racisme d’État, c’est-à-dire un outil de contrôle social au service de l’ordre capitaliste. Quand les féministes luttent contre les violences sexistes et sexuelles, contre le contrôle du corps des femmes, contre leur mise en dépendance économique et la non-reconnaissance de leur travail domestique, c’est aux fondements mêmes du capitalisme patriarcal qu’elles s’attaquent. Quand des luttes écologistes s’attaquent aux multinationales de l’énergie, elles affrontent directement la logique du profit et de la destruction du vivant. Quand les personnes LGBT revendiquent de nouveaux droits et inventent d’autres manières de vivre, iels remettent en cause les normes patriarcales et individualisantes de la famille nucléaire, qui participent à la reproduction de l’ordre capitaliste.
Relier ces combats, ce n’est pas les subordonner : c’est tenter de les unifier dans une stratégie commune où la classe travailleuse devient une force hégémonique capable d’entraîner l’ensemble des opprimé·es dans la lutte contre le capitalisme.
La rupture avec
le réformisme
Le capitalisme ne cède rien sans y être contraint. Celles et ceux qui ont voulu «changer le système de l’intérieur », de la social-démocratie du XXᵉ siècle à Syriza en Grèce ou Podemos dans l’État espagnol, ont fini par devenir de fidèles gestionnaires du système, tout en canalisant les luttes à l’intérieur de l’Etat. En France, le Nouveau front populaire s’inscrit aussi dans cette logique. Loin de bloquer la progression de l’extrême droite, il a contribué à réhabiliter le Parti socialiste, pourtant responsable de cette même progression, tout en lui permettant de retrouver un rôle central dans la gestion du régime.
L’orientation faite de soutien critique à des forces réformistes émergentes a été au cœur de la stratégie du PSL, dont plusieurs d’entre nous sont issu·es. Elle s’est traduite par une posture à la fois attentiste et adaptative aux formations réformistes et aux directions syndicales en cherchant à s’ajuster à leurs rythmes et à leurs limites plutôt qu’à les dépasser. Une telle approche a éloigné le PSL des dynamiques réelles de la lutte de classes, en le plaçant dans une position d’accompagnement du réformisme plutôt que dans l’intervention active dans celle-ci.
De son côté, une partie de la direction de la Gauche anticapitaliste (GA) a adopté une stratégie d’appel à un gouvernement « de gauche » avec le PS, le PTB et Ecolo, notamment à Bruxelles, en la conditionnant à un programme « de rupture » et à un rapport de forces dans la rue. Nous considérons que cette position continue à nourrir des illusions vis-à-vis du PS et d’Ecolo qui ont géré loyalement l’État et le capitalisme, et continuent de réprimer aujourd’hui les mouvements pour la Palestine, antifascistes, ou des occupations de sans-papiers, dans plusieurs communes où ils sont au pouvoir. Elle laisse croire qu’un tel gouvernement pourrait ouvrir une perspective de rupture, alors qu’il serait immédiatement confronté aux contraintes budgétaires, européennes et patronales, et donc poussé à appliquer l’austérité contre notre classe.
Rompre avec le réformisme, c’est tirer un bilan concret des expériences politiques des dernières années. C’est comprendre qu’aucune transformation profonde ne peut venir de la gestion des institutions existantes. C’est à cette condition que nous pouvons construire un programme qui ne se limite pas à un discours anticapitaliste, ni une simple posture de résistance, mais qui ouvre une véritable perspective de transformation de la société. Cela implique de se préparer à un affrontement avec l’État et les classes dominantes, sans avoir d’illusions dans les voies institutionnelles.
Car seul le renversement révolutionnaire du capitalisme peut ouvrir la voie à une société communiste. Si le terme a été sali par le stalinisme, nous voulons le réhabiliter parce que, face à la crise à laquelle nous sommes confronté·es, il constitue pour nous la seule perspective viable : celle d’une société fondée sur la démocratie des travailleur·euses, débarrassée des classes, de l’État, de l’exploitation et de l’oppression.
"Rompre avec le réformisme, c’est tirer
un bilan concret des expériences
politiques des dernières années. C’est
comprendre qu’aucune transformation
profonde ne peut venir de la gestion des
institutions existantes."
Unité d'action et
auto-organisation
L’unité d’action a pour nous une signification très concrète : « marcher séparément, frapper ensemble ». Face aux attaques, nous devons agir ensemble, même quand nous n’avons pas les mêmes traditions, les mêmes organisations, ni le même niveau de conscience politique. Cela signifie construire des mobilisations unitaires, capables d’unir différents secteurs, syndicats et collectifs, sur les salaires, les pensions, les droits démocratiques, les luttes féministes, écologistes, contre l’extrême droite, ainsi que contre les licenciements ou les fermetures d’usine. L’objectif n’est pas seulement de résister, mais de construire collectivement une stratégie pour gagner et, ainsi, redonner confiance dans la force de notre classe.
Dans ces luttes, les travailleur·euses font l’expérience directe des choix de leurs directions. C’est dans cet esprit que nous voulons agir en proposant des plans de bataille et en interpellant les directions syndicales et politiques. Mais cette unité ne peut pas se transformer en « front uni » permanent avec les forces réformistes alors même que celles-ci freinent ou trahissent. C’est précisément en gardant une indépendance politique et programmatique claire que peut se construire une influence révolutionnaire, mais aussi qu’il sera possible de récupérer les syndicats des mains de leurs directions actuelles pour en faire de vrais organes au service des travailleur·euses.
Cette politique d’unité d’action, articulée à une lutte contre la bureaucratie syndicale, implique de construire en parallèle des outils d’auto-organisation : assemblées générales, coordinations, comités de grève, collectifs de lutte. Ces espaces permettent de décider par en bas, en coordonnant syndiqué·es et non-syndiqué·es dans les moments de lutte, mais aussi d’organiser la convergence des différents secteurs qui se mobilisent. Dans les moments de crise, ils peuvent devenir les premiers éléments d’un pouvoir alternatif.

L’anti-imperialisme et
l’internationalisme
L’internationalisme n’est pas une posture morale : c’est une condition de la victoire. Le capitalisme est mondial, les guerres et les offensives militaires se multiplient, les budgets des armées explosent et la pression pour « choisir un camp » devient constante. Nous refusons cette logique. Notre boussole consiste à se placer du côté des peuples opprimés, lutter contre notre propre bourgeoisie et défendre une politique indépendante de tous les camps impérialistes comme de tous les régimes bourgeois réactionnaires.
Une première impasse est celle de l’alignement sur l’impérialisme occidental, présenté comme un moindre mal face aux régimes autoritaires. Cette logique se manifeste aujourd’hui dans le soutien au réarmement européen, aux budgets militaires, aux livraisons d’armes et à la militarisation des sociétés. Elle repose sur l’idée que les puissances occidentales pourraient constituer un rempart progressiste face à la Russie, à la Chine ou à l’Iran. Or, les États-Unis, l’Union européenne et l’OTAN ne défendent ni l’émancipation des peuples ni une paix durable : ils défendent leurs propres intérêts stratégiques, économiques et militaires.
Cette critique vaut pleinement pour la guerre en Ukraine. Nous sommes solidaires du peuple ukrainien face à l’invasion réactionnaire de la Russie, qui nie son droit à l’autodétermination au nom des intérêts du capitalisme russe. Mais cette solidarité ne peut en aucun cas se traduire par un soutien politique à l’OTAN, aux puissances occidentales ou au gouvernement Zelensky. Aucune alliance impérialiste n’a jamais garanti la liberté d’un peuple. Nous pensons que la seule perspective progressiste réside dans l’action indépendante des travailleur·euses et des classes populaires en Ukraine, en Russie et dans l’ensemble de la région.
C’est pourquoi nous rejetons les positions qui, au nom d’un prétendu réalisme ou d’un « internationalisme conséquent », en viennent à soutenir les livraisons d’armes, les politiques de défense européenne ou les stratégies de réarmement. À ce titre, l’orientation de la « politique de sécurité anticapitaliste et internationaliste » défendues notamment par la Gauche anticapitaliste nous semblent conduire à une adaptation au tournant militariste des bourgeoisies européennes, en inscrivant cette politique dans un cadre largement structuré par l’OTAN, plutôt qu’en défendant une stratégie indépendante fondée sur la mobilisation des travailleur·euses contre la guerre et contre l’impérialisme.
Refuser le campisme ne signifie pourtant pas la neutralité. L’impérialisme occidental, dominé par les États-Unis et par les puissances européennes, demeure aujourd’hui la principale force à l’échelle mondiale. Dans ses conflits contre des pays semi-coloniaux ou dominés, nous nous plaçons inconditionnellement dans le camp militaire de ces derniers et défendons haut et fort la défaite de l’impérialisme et de ses alliés. Cela ne signifie pas accorder un soutien politique aux régimes concernés, vis-à-vis desquels nous défendons une indépendance de classe stricte. Ainsi, en Iran, nous sommes pour la défaite de l'agression militaire des États-Unis et de l'État sioniste, sans apporter le moindre
"Notre tâche n’est pas d’aider notre bourgeoisie à mieux se préparer à la guerre, mais de combattre la militarisation de la société et de lier ce combat à la défense des salaires, des services publics et des droits démocratiques."
En Belgique, la politique antimilitariste que nous défendons implique de lutter d’abord contre notre propre bourgeoisie et notre propre État. Cela signifie refuser la hausse des budgets militaires, le renforcement de l’appareil sécuritaire, de combattre le narratif colonial et impérialiste et l’embrigadement de la jeunesse, ainsi que la participation de la Belgique aux interventions et dispositifs militaires au service de l’OTAN. Notre tâche n’est pas d’aider notre bourgeoisie à mieux se préparer à la guerre, mais de combattre la militarisation de la société et de lier ce combat à la défense des salaires, des services publics et des droits démocratiques.
Une seconde impasse est celle du campisme pseudo anti-impérialiste. Face aux crimes de l’impérialisme occidental, une partie de la gauche radicale présente les régimes russe, chinois ou iranien comme des contrepoids progressistes ou au moins comme des alliés objectifs face à l’empire étatsunien. Cette logique existe dans les courants néo-staliniens, mais aussi chez certains courants décoloniaux lorsqu’ils tendent à rabattre toute la situation mondiale sur l’opposition à l’Occident, au prix d’une minimisation du caractère oppressif d’autres États bourgeois et réactionnaires. En Belgique, cette logique trouve un écho dans la défense d’un monde « multipolaire » par le PTB, présenté comme une alternative à la domination états-unienne.
Or cette vision ne rompt pas avec la logique des blocs : elle remplace simplement un pôle dominant par plusieurs pôles concurrents, sans remettre en cause le caractère capitaliste, autoritaire et oppressif des puissances en présence. Ni Moscou, ni Pékin, ni Téhéran ne représentent une issue émancipatrice pour les peuples. Ces régimes défendent avant tout leurs propres intérêts de puissance, leurs classes dominantes et leurs appareils de domination.
soutien politique au régime réactionnaire des mollahs. Nous luttons contre l'agression et l'occupation du territoire libanais par l'État d'Israël. À Cuba, nous nous opposons aux menaces d'intervention impérialiste et au blocus étouffant en vigueur, tout en luttant contre le régime de la bureaucratie castriste. Notre camp n’est ni celui de l’OTAN, ni celui des puissances « multipolaires », mais celui des travailleur·euses, des peuples opprimés, de la jeunesse révoltée et des exploité·es du monde entier. Le soulèvement du peuple iranien de la fin décembre l’a rappelé avec force.
Une telle orientation pose la nécessité de reconstruire une Internationale révolutionnaire. Aucune organisation ne peut porter seule cette tâche. Ce ne sera ni le produit d’une auto-proclamation, ni celui de la simple croissance d’une organisation, qu’elle soit nationale ou internationale, ni encore une simple addition d’organisations. Ce travail demandera du temps, des discussions et des expériences de luttes communes. Ce sera le produit de fusions et de scissions entre les courants révolutionnaires, ainsi que de la convergence avec les secteurs combatifs du monde du travail et de la nouvelle génération en lutte. C’est dans cette perspective concrète que nous voulons nous engager, aux côtés de celles et ceux qui cherchent, ici et ailleurs, à bâtir une force internationale à la hauteur de la période.
Dans ce cadre, nous participons à des échanges et à des initiatives communes avec le Courant révolution permanente (CRP-QI) ainsi qu’avec d’autres organisations révolutionnaires à l’échelle internationale. Ces discussions visent à confronter les bilans, clarifier les stratégies et contribuer à une recomposition internationaliste.
UNE ORGANISATION POUR
NOTRE TEMPS
Nous nous adressons à toutes celles et ceux qui veulent tirer le bilan de l’échec du réformisme, des limites des organisations actuelles de la gauche révolutionnaire et qui partagent notre bilan de la lutte de classes, qu’ils ou elles soient militant·es sans parti ou organisation, ou qu’ils ou elles soient membres d’autres organisations et en désaccord avec l’orientation de leur direction.
Les idées révolutionnaires ne valent rien sans une organisation capable de les faire vivre dans la réalité. C’est pourquoi nous voulons construire une nouvelle organisation révolutionnaire en Belgique, ancrée dans les lieux de travail et la jeunesse, en tirant aussi les leçons des impasses organisationnelles passées.
D’un côté, les expériences des dernières années ont montré les limites des « partis anticapitalistes larges », comme le NPA en France, c’est-à-dire des partis sans délimitation stratégique claire avec le réformisme, et sans orientation politique clairement révolutionnaire.
D’un autre côté, appeler à « l’unité entre révolutionnaires » de façon abstraite, sans prendre le temps des clarifications stratégiques, empêche une intervention efficace dans la lutte de classes, et ne permet pas non plus de construire une organisation durable et forte. Nous souhaitons une organisation révolutionnaire qui soit le produit de bilans communs de lutte de classes, et non pas le produit de simples compromis sur des textes. C’est dans cet esprit que nous voulons nous engager avec les camarades de la gauche révolutionnaire belge.
Le rejet d’une unité de façade ne signifie en rien le refus sectaire de toute politique commune avec d’autres courants révolutionnaires. Au contraire, nous défendons la nécessité d’interventions coordonnées chaque fois que la situation l’impose, que ce soit dans des campagnes politiques, des luttes concrètes ou dans les contextes électoraux. Mais ces collaborations ne peuvent se faire au prix de l’effacement des divergences et d’une identité programmatique propre. C’est précisément dans la confrontation ouverte, dans les échanges et dans l’expérience commune de la lutte de classes que les différents courants révolutionnaires peuvent avancer collectivement et clarifier leurs orientations.
L’organisation que nous voulons devra être délimitée stratégiquement et programmatiquement. Elle aura pour centre de gravité la lutte de classes et se nourrira des expériences politiques de l’avant-garde en Belgique et ailleurs. Nous voulons une organisation qui ne commente pas les luttes comme observatrice extérieure, mais qui agit pour les faire gagner. Cela suppose de s’implanter profondément partout où la classe travailleuse vit, produit et se bat : que ce soit dans les entreprises, les services publics, les quartiers populaires, les écoles, les universités ou les hôpitaux. C’est à partir de ces lieux qu’il s’agit de construire des bastions, des bases d’appui capables d’intervenir et peser concrètement dans les luttes.
Nous voulons une organisation qui fusionne l’énergie des nouvelles générations avec la puissance de la classe travailleuse en intégrant les combats féministes et antiracistes au cœur de sa stratégie. Au sein d’une telle organisation, la lutte contre toutes les oppressions est un enjeu crucial. Cela exige que ces questions soient rendues centrales, à travers des formations, des garde-fous collectifs, et une culture politique orientée sur des pratiques concrètes de lutte contre les oppressions à l’intérieur de l’organisation.
Cela implique de tirer un bilan critique des limites rencontrées par certaines organisations comme le PSL. Sa crise terminale tient notamment à son incapacité à prendre suffisamment au sérieux les questions d’oppressions, mais aussi à un fonctionnement marqué par des logiques autocentrées d’appareil. Car la priorité donnée à la cohésion formelle et à la discipline freine souvent l’expression des désaccords et empêche de traiter réellement les problèmes. Or, dans ces conditions, les oppressions ne peuvent ni être correctement analysées, ni être combattues efficacement.
La démocratie interne n’est donc pas un décor formel, mais la garantie d’une organisation dynamique et qui cherche à s’orienter de façon révolutionnaire dans la lutte de classes. Nous voulons que nos militant·es puissent se saisir des débats, élaborer des bilans, et élire démocratiquement une direction. Nous souhaitons mettre en place des mécanismes permettant à la base de contrôler cette délégation de pouvoir entre deux élections, à partir de l’étude de ce qui a permis, ou non, d’éviter le bureaucratisme au sein du mouvement révolutionnaire. Nous désirons une discipline consciente : discuter librement, agir ensemble. C’est le principe d’un centralisme démocratique vivant, fondé sur une stratégie révolutionnaire commune. Dans cette perspective, le respect des positions et des courants d’opinion minoritaires est une condition pour une organisation révolutionnaire démocratique : aucune orientation ne peut se construire durablement en étouffant ou en caricaturant les désaccords.
Le lancement d’un
processus
Le but de cet appel est de rassembler les personnes et les collectifs qui se reconnaissent dans ce bilan, tout en ouvrant un cadre de clarification sur les questions qui restent en débat parmi nous, comme la guerre en Ukraine, la question nationale en Belgique, la caractérisation de la situation mondiale et des grandes puissances, le type d’organisation interne permettant une réelle vie démocratique, la manière d’articuler la tactique de front unique et les comités d’action.
Nous invitons donc toutes celles et ceux qui le souhaitent à rejoindre le processus de fondation des comités pour la nouvelle organisation. Nous concevons ce processus comme ouvert, permettant à chacune et chacun de s’y engager avec ses idées, son expérience et ses propositions afin d’élaborer collectivement son programme, son fonctionnement démocratique ou encore ses moyens concrets de lutte contre les oppressions en son sein.
Ces comités auront pour rôle de clarifier ces questions tout en regroupant de nouvelles forces et en intervenant dans la lutte de classes. Nous pensons que le lien avec les luttes est déterminant dans ce processus, afin d’éviter toute élaboration déconnectée des dynamiques concrètes du mouvement réel. Les comités devront, ainsi, prendre des initiatives sur des enjeux centraux de la période, par exemple autour d’une campagne commune contre la militarisation. L’objectif est d’aboutir, dans un avenir proche, à la fondation d’une nouvelle organisation communiste révolutionnaire
Pour rejoindre ce processus :
prends contact avec nous pour
discuter, débattre et construire
ensemble
participe aux réunions publiques à
Bruxelles le 26 et à Liège le 25 juin
propose la création d’un comité dans ta
ville, ton secteur ou ton lieu d’étude
diffuse cet appel autour de toi !
